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La Commission scolaire de Montréal n’interdit plus les allergènes alimentaires

Plus tôt cette semaine, nous avons appris que dans une note de service rédigée en décembre 2016, la Commission scolaire de Montréal (la plus importante commission scolaire francophone de l’île) a donné pour directive à ses écoles de ne plus interdire la consommation d’aucun aliment, y compris celle des allergènes considérés comme prioritaires. En l’absence d’une loi ou d’une politique provinciale sur la gestion des allergies alimentaires dans les écoles, cette décision en a choqué plus d’un.

Depuis que la nouvelle a été rendue publique, Allergies Alimentaires Canada participe activement au débat en accordant des entrevues aux médias du Québec et d’ailleurs.

Énoncé qui résume notre position

Au Canada, les allergies alimentaires touchent 300 000 enfants et représentent un enjeu de santé publique croissant. Nos écoles doivent être sécuritaires et inclusives, et la prise de mesures raisonnables qui réduisent le risque de réactions allergiques pouvant être fatales devrait faire l’objet de politiques publiques.

Bien que les personnes qui doivent composer avec des allergies soient responsables de la prise en charge de leurs allergies alimentaires, la sécurité des enfants dans les écoles et la diminution du risque de réactions potentiellement mortelles relèvent d’une responsabilité sociale plus large.

Nous sommes préoccupés par la façon dont la décision de la Commission scolaire de Montréal s’inscrit dans un cadre politique plus vaste. Par ailleurs, le fait qu’il n’existe actuellement aucune politique universelle relativement aux allergies dans les écoles au Québec nous inquiète. En effet, Allergies Alimentaires Canada croit qu’il est préférable de laisser les écoles, à l’échelle locale, prendre des décisions par rapport aux restrictions alimentaires qu’elles souhaitent imposer. Ces décisions devraient être prises en consultation avec la communauté, à la suite de l’analyse d’un certain nombre de facteurs, notamment l’âge et le niveau de maturité des enfants touchés, les endroits où des aliments sont consommés, le degré de supervision offert, les autres politiques liées aux allergies alimentaires déjà en place, etc.

Or, c’est l’adoption d’une loi ou d’une politique globale qui facilite et favorise la prise de telles décisions. Nombreuses sont les familles, au Québec et ailleurs au pays, qui seraient plus à l’aise avec une approche qui comprendrait une formation à l’intention des éducateurs, des stratégies de réduction des risques, des protocoles d’urgence, l’accès à de l’épinéphrine et une communication claire entre les parents, les élèves, le personnel et les administrateurs. Des mesures du genre ont déjà été intégrées aux lois adoptées en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario (Loi de Sabrina). Ce modèle s’est révélé efficace. Par exemple, en Ontario, depuis l’adoption d’une loi à cet effet il y a plus d’une décennie, aucun décès dû aux allergies alimentaires n’est survenu dans une école.

Finalement, Allergies Alimentaires Canada a également collaboré avec des experts en médecine de la Société canadienne d’allergie et d’immunologie clinique et d’autres associations de patients pour mettre au point des lignes directrices qui visent à aider les écoles à élaborer et à mettre en place des politiques de gestion des allergènes. Ces directives sont accessibles à l’ensemble des écoles du Québec et du Canada.

Pour de plus amples renseignements, consultez l’article de La Presse du 30 mai 2017.